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Arrêt de travail pour épuisement professionnel au Québec

Santé au travail · 31 juillet 2026

L’essentiel : l’épuisement professionnel n’est pas classé comme une maladie par l’Organisation mondiale de la Santé, mais il mène à des arrêts de travail bien réels. Au Québec, votre lien d’emploi est protégé jusqu’à 26 semaines par période de 12 mois, et l’assurance-emploi peut verser jusqu’à 26 semaines de prestations de maladie. La Clinique Octobre n’émet pas d’arrêts de travail : notre rôle est de vous accompagner pendant et après.

On ne se réveille pas un matin en état d’épuisement professionnel. Ça s’installe lentement, sur des mois, jusqu’au jour où se lever pour aller travailler devient impossible. Beaucoup de personnes arrivent en consultation avec la même phrase : je ne me reconnais plus. Voici ce que dit la science, ce que prévoit la loi québécoise et comment on prépare un retour qui tient la route.

Épuisement professionnel : de quoi parle-t-on?

Depuis 2019, l’Organisation mondiale de la Santé inscrit le burn-out dans la Classification internationale des maladies (CIM-11) comme un phénomène lié au travail, et précise qu’il n’est pas classé comme une condition médicale. L’OMS le décrit comme un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès (traduction libre : la page de l’OMS n’existe qu’en anglais), avec trois dimensions :

  • un sentiment d’épuisement ou de manque d’énergie;
  • une distance mentale accrue à l’égard du travail, ou du négativisme et du cynisme envers celui-ci;
  • une efficacité professionnelle réduite.

Le gouvernement du Québec formule la même nuance : l’épuisement professionnel n’est pas officiellement identifié comme un trouble mental, mais il est reconnu comme le résultat d’un stress chronique lié au travail. Cette nuance a une conséquence pratique importante : un arrêt de travail est généralement délivré pour le diagnostic associé (trouble de l’adaptation, trouble anxieux, épisode dépressif) plutôt que pour le mot « burnout » lui-même.

Les signes qui reviennent le plus souvent

Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail regroupe les manifestations les plus fréquentes :

  • fatigue physique, émotionnelle et cognitive qui ne passe pas avec le repos;
  • irritabilité, cynisme, perte de sens au travail;
  • difficultés de concentration et de mémoire;
  • troubles du sommeil et changements d’appétit;
  • retrait social, y compris envers les collègues et les proches;
  • douleurs physiques inexpliquées (maux de tête, tensions, troubles digestifs).

À retenir. Ces signes peuvent aussi appartenir à une dépression, à un trouble anxieux ou à une condition physique. Seule une évaluation par un professionnel permet de faire la part des choses. Ne posez pas votre propre diagnostic.

Qui peut prescrire un arrêt de travail?

Soyons clairs. Au Québec, seul un médecin ou un autre professionnel de la santé autorisé peut prescrire un arrêt de travail. La Clinique Octobre n’émet pas d’arrêts de travail. Nous intervenons ailleurs : comprendre ce qui vous a mené là, traverser l’arrêt sans le subir, et préparer le retour.

Pour les prestations de maladie de l’assurance-emploi, le certificat médical peut être signé par un médecin, un chiropraticien, un podiatre, un optométriste, un psychologue, un dentiste, une sage-femme, un infirmier praticien ou un infirmier autorisé (en région isolée lorsqu’aucun médecin n’est disponible). L’état traité doit relever du champ d’exercice du professionnel qui signe.

Vos protections au Québec

Votre lien d’emploi

La Loi sur les normes du travail protège votre lien d’emploi pendant une absence pour maladie jusqu’à 26 semaines par période de 12 mois. Vous devez prévenir votre employeur dès que possible et lui donner le motif de l’absence.

Les deux premières journées

Si vous comptez trois mois de service continu chez votre employeur, les deux premières journées d’absence sont payées par année civile. Elles ne se reportent pas d’une année à l’autre.

Le fameux billet du médecin

Depuis le 1er janvier 2025, l’article 79.2 de la Loi sur les normes du travail interdit à l’employeur d’exiger un document justifiant l’absence pour les trois premières périodes d’absence de trois jours consécutifs ou moins prises sur 12 mois. Au-delà, il peut demander une pièce justificative si les circonstances le justifient, notamment en raison de la durée ou de la fréquence de l’absence.

L’assurance-emploi pendant l’arrêt

Les prestations de maladie de l’assurance-emploi offrent jusqu’à 26 semaines d’aide financière, à hauteur de 55 % de votre rémunération assurable. En 2026, le montant maximal est de 729 $ par semaine.

Pour y avoir droit, il faut avoir accumulé 600 heures d’emploi assurable au cours des 52 semaines précédant la demande (ou depuis la dernière demande, selon la période la plus courte), et votre rémunération hebdomadaire normale doit avoir diminué de plus de 40 % pendant au moins une semaine.

Conseil pratique. Déposez votre demande dès l’arrêt, sans attendre le relevé d’emploi. Vérifiez aussi si votre employeur offre une assurance collective invalidité de courte durée : elle passe souvent avant l’assurance-emploi.

Et la CNESST, dans tout ça?

Une lésion psychologique peut être reconnue comme une lésion professionnelle, mais chaque cas est analysé individuellement. Deux éléments à connaître :

  • l’épuisement professionnel ne figure pas comme tel dans la liste réglementaire des maladies professionnelles; parmi les conditions psychologiques, seul le trouble de stress post-traumatique bénéficie d’une présomption;
  • à défaut de présomption, le travailleur doit démontrer que la maladie est caractéristique de son travail ou reliée directement aux risques particuliers de ce travail.

Côté prévention, le portrait a changé. Depuis le 1er octobre 2025, la Loi sur la santé et la sécurité du travail oblige l’employeur à prendre les mesures pour protéger un travailleur exposé sur les lieux de travail à une situation de violence physique ou psychologique. Les risques psychosociaux (surcharge, faible autonomie décisionnelle, manque de reconnaissance ou de soutien, justice organisationnelle, violence) doivent désormais être identifiés et pris en charge au même titre que les autres risques.

Traverser l’arrêt sans le subir

Les premières semaines servent à une seule chose : récupérer. Ensuite, un arrêt utile ressemble à ceci :

  • Garder un rythme minimal. Heures de lever et de coucher stables, un peu de mouvement chaque jour, du contact humain.
  • Ne pas décider de sa carrière tout de suite. Démissionner ou changer de domaine sont des décisions à reprendre plus tard, quand la fatigue est retombée.
  • Nommer ce qui a mené là. Charge de travail, manque de reconnaissance, conflit, perte de sens, situation personnelle : sans cette lecture, le retour ramène souvent le même scénario.
  • Entreprendre un suivi. C’est là que le travail thérapeutique opère, pas seulement dans le repos.

Préparer le retour au travail

Un retour se prépare, il ne s’improvise pas. Retour progressif, ajustement des tâches, réorganisation de l’horaire, stratégies concrètes pour gérer la charge et poser des limites : c’est justement le terrain de la thérapie et de l’ergothérapie en santé mentale.

Nous avons détaillé les protections, les étapes et les questions fréquentes sur notre page complète : Arrêt de travail et santé mentale au Québec.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un arrêt pour épuisement professionnel?

Il n’y a pas de durée standard. C’est le professionnel de la santé qui évalue, puis réévalue en cours de route. Le cadre légal, lui, protège le lien d’emploi jusqu’à 26 semaines par période de 12 mois.

Mon employeur peut-il me congédier pendant un arrêt?

La Loi sur les normes du travail protège le lien d’emploi pendant l’absence, dans les limites prévues. Pour une situation particulière, informez-vous auprès de la CNESST ou d’un conseiller juridique.

Dois-je dire à mon employeur que c’est un burnout?

Vous devez donner le motif de l’absence, mais le détail du diagnostic reste une information de santé personnelle. Le certificat remis atteste de l’incapacité et de sa durée prévue.

La thérapie peut-elle commencer pendant l’arrêt?

Oui, et c’est souvent le meilleur moment. Le rythme est adapté à votre état : on ne demande pas à quelqu’un d’épuisé de fournir un effort de performance supplémentaire.

Offrez-vous les rencontres en ligne?

Oui. Nos rencontres se font à notre bureau de Laval ou en visioconférence, en français, en anglais et en arabe.

Vous vous reconnaissez?

Un premier rendez-vous permet de faire le point, sans engagement de suivi. Nous vous accompagnons pendant l’arrêt et jusqu’au retour.

Prendre rendez-vous

Sources : Québec.ca, Santé mentale au travail · CNESST, Maladie ou accident non lié au travail · Légis Québec, art. 79.2 de la Loi sur les normes du travail · Canada.ca, Prestations de maladie de l’assurance-emploi · CNESST, Maladie professionnelle · Légis Québec, art. 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Voir aussi nos pages Arrêt de travail et santé mentale, Thérapie individuelle et Contact. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical ou juridique.

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